Anthologie agricole : La Terre. La Vigne, par Marius Audin
Un magnifique texte qui semble dater de 1943, écrit et édité par ce grand érudit de Marius Audin, originaire du Beaujolais…
Virgile pensait que le meilleur moment pour planter la vigne est l’époque "où la blanche cigogne, l’ennemie des couleuvres, revient aux beaux jours du printemps", si déjà le vigneron ne l’a fait "quand les coursiers rapides du soleil n’ont pas encore atteint l’hiver".
Pour préparer le sol destiné à recevoir la vigne - on dit en beaujolais "blaincbayer", ou bien "défoncer", ou bien "miner" -, les anciens agronomes se servaient de 3 instruments : le bipalium (bêche), la pala (pelle) et le rutrum. D’autres outils sont venus plus tard les remplacer dans cet office : pic et grappin, associés maintenant à la pelle.
Le sol est prêt et devenu "plantier", on procédait au piquage, soit en "barbues" (plants enracinés), soit en chapons (boutures), et cette prime façon se faisait, soit au plantoir, simple pieu de bois armé de fer, soit à la fourchette, plantoir de fer creusé en gorge et terminé par deux pointes au moyen desquelles on plongeait le "plant" dans la molle couche de la terre.
Et la vigne était prête.
J’ai parlé jusqu’ici au passé, mais le rite est toujours le même.
En janvier l’on "semarde" : c’est enfouir l’engrais répandu depuis peu sur la terre. Un peu après on "ablave" : c’est déchausser le cep, pour que l’air le puisse mieux pénétrer et l’exciter à croître.
Et puis, sans trop s’immiscer maintenant dans son œuvre féconde, on laisse à la Nature le soin d’acheminer la jeune vigne vers le temps où elle doit apporter à l’homme le prix de ses peines ; c’est à "la troisième feuille", dit le vigneron dans son rustique langage, si dense de poésie : la troisième feuille, cela veut dire la troisième année.
La taille est faite dans les premiers mois de l’année : "taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de mars" dit dans sa sagesse l’homme de la terre, et c’est, en effet ce qu’enseignait le père de l’Agriculture latine, Columelle, quand il disait que "la meilleure époque pour tailler la vigne est le printemps, avant qu’elle ne bourgeonne".
La taille se faisait jadis à la serpe, ce que nous appelons aujourd’hui la goyarde et que les Anciens nommaient "falcula".
Alors, patient mais tremblant chaque jour un peu plus, le vigneron attend le jour béni de la récolte.
Tour à tour le bourgeon "débourre", et bientôt sort et luit au soleil la petite feuille annonciatrice du bouillonnement de la terre.
Quelques jours encore, et puis rôde dans tout le pays une subtile et suave odeur dont l’air est partout embaumé : la vigne est en fleur ! Heures plénières et fugitives qui durent, elles aussi, ce que durent les roses !
Encore un peu de temps, et vers la Saint-Jean d’été le raisin, érigé au sein de sa prison de feuilles comme de spadice d’un bel arum dans son calice immaculé, "fait le coquillon" : entraînée par son poids qui d’heure en heure augmente, sa pointe est tombée vers la terre, et maintenant, il va mûrir, mûrir tant qu’il pourra.
Mais les torrides chaleurs de juillet vont venir bientôt, et avec elles les grandes inquiétudes.
L’oreille tendue au moindre bruit, le vigneron veille ; il veille anxieux sur ce trésor qu’il ne peut plus protéger maintenant autrement qu’en priant pour lui. Résigné, il attend : c’est tout ce qu’il peut faire, si non "relever" sa vigne, dévotement, et la tenir bien propre, propre comme un beau jardin !
Et bientôt, maintenant, ce seront les vendanges, qu’il faudra commencer entre l’équinoxe d’automne et le coucher des Pléiades : c’est déjà plus que de l’espoir ; ce sera bientôt la récompense promise à sa foi dans la terre, ce sol qu’ont remué ses aïeux jusque dans ses entrailles secrètes, qu’ils ont fouillé de leurs bras puissants jamais lassés.
Vendanges ! bennes et tonneaux, cuves pleines et pressoirs rebondis, chamoures et beuverie :
"Bonum vinum laetificat cor hominis"
Et l’on se remet au travail, ce travail qui ne finit jamais.
"Le travail", maintenant, c’est quatre, six, huit jours plus tard, selon que le temps reste chaud, ou bien que les fraîcheurs, au contraire, sont venues, le travail, c’est le pressurage.
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De Long Wine discovery tools
"The husband and wife team of Deborah and Steve De Long combined their mutual enthusiam for both wine and design when they started work on the Wine Grape Varietal Table over 4 years ago. Originally visual people by trade - Deborah, a home fashion designer and Steve, an architect - the table helped them to make sense of the vast and often confusing world of wine grape varieties. Over the past four years they have conducted extensive research and tastings in compiling it…"
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Le plaisir n'a pas de prix
Avons dégusté le 3 août 2011 avec l'ami Matthieu Cosse un Brane Cantenac 1976 (Margaux). Bouteille achetée le matin-même chez nos voisins de Millésimes SA. Un grand merci au passage à Michel Santé et son équipe pour leur professionnalisme. La bouteille offrait un niveau très légèrement bas. Très belle surprise pour environ 40 euros. Comme quoi. Bravo.
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Jolies cartes du vignoble Bordelais, 1947
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Le fou du président, ou Sarkozy et le vin et le fromage puant
Après Chirac, Sarkozy. A nouveau, Franz-Olivier Giesbert exécute sans coup férir ce président auquel il croyait. Une vérité corrosive qui met en scène la déception de l’auteur et toute son ambiguïté… extraits.
“La première fois que Cécilia revint au bercail, j’avais invité le couple Sarkozy à la maison pour fêter l’événement. C’était le 24 janvier 2006. Même si j’étais triste pour la journaliste, une femme dont tout le monde aurait rêvé, j’étais heureux de leurs retrouvailles.
Ma femme et moi avions mis les petits plats dans les grands. Je m’étais ruiné en vin. Du Château Latour 1989. J’avais acheté aussi une grosse truffe avec des sentiments mêlés. J’ai toujours souffert de gastrolâtrerie, l’autre mot pour la gloutonnerie, et je m’étais laissé aller, une fois de plus, à mon péché mignon qui, en l’espèce, avait été très onéreux.
Toute la maison fleurait la truffe et sa bonne odeur de pourriture chatouillait nos poumons, elle nous grisait, elle nous emportait. Tous sauf Nicolas Sarkozy qui, lui, gardait son calme, les pieds sur terre. Il ne daigna pas goûter mon vin, n’apprécia pas particulièrement mes pâtes aux truffes ou plutôt ma truffe aux pâtes : après en avoir pris une petite proportion, il refusa d’être servi une seconde fois. Quant à ses compliments, ils furent de politesse après ceux enthousiastes de Cécilia.
Dieu merci, connaissant les goûts du personnage, j’avais évité de servir des fromages et notamment ces banons coulants, ces maroilles puants ou, pire encore, ces tomes pourries qui me rendent fou. Je crois bien que Nicolas Sarkozy aurait vomi à leur vue. Il y avait au moins un risque et je ne pouvais pas le prendre : ç’aurait pu être préjudiciable à ma carrière, même si elle touchait à sa fin.
“comment peux-tu vivre sans vin ? lui demandai-je ? – c’est simple, je n’aime pas le vin –
Mais c’est impossible de ne pas aimer le vin. Il y en a tant et tant. Des gentils, des forts, des doux, des acides, des puissants. Quand tu en auras goûté plein, tu finiras forcément par en trouver un qui te plaira – je préfère le coca light –”
J’étais troublé. Je me demandais comment un homme qui n’aime pas le vin et à qui on ne peut servir de fromages purulents pourrait devenir président de la République. Il lui manquerait quelque chose pour être en harmonie avec le pays.
Certes le goût se perd et s’affadit sous la dictature des grandes surfaces et de la déculturation en marche, Mais bon, il y en a encore, en France, des poches de résistance. Comment Sarkozy pourrait-il être en phase avec ce pays s’il ne vivait que de coca light, de yaourts maigres et de fromages blanc à 0%, de compotes sans sucre ajoutés et de chocolats en carré ou en tablettes ?
Jusqu’à présent, la France n’avait connu que des présidents qui, s’ils n’étaient pas tous des bâfreurs, aimaient la bonne chère. J’entends encore les bruits de déglutition ou les soupirs de contentement de Mitterrand ou de Chirac quand ils emplissaient la panse de leurs plats canailles préférés. Même s’il est moins expansif, Giscard aussi savait se goberger. Quand Sarkozy sera président me disais-je avec nostalgie à la fin de ce dîner, on n’aura plus droit, sous les lambris de la République, qu’au tintement de la cuillère contre l’emballage plastique des pots de yaourt."
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Le pinardier, un tango à découvrir
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Ce vin là, mon ami…
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La Côte de Beaune, Bourgogne, de Louis Larmat
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Vignerons
Le mot de Bernard Pivot / Vignerons
“Le Littré ne faisait pas de différence entre vignerons et viticulteurs : l’homme qui cultive la vigne. Le Petit Larousse et le Petit Robert distinguent le viticulteur, qui cultive la vigne, du vigneron qui, en plus, fait du vin. En conséquence de quoi, l’homme ou la femme qui apporte son raisin à une cave coopérative ou à un vinificateur serait un viticulteur ou une viticultrice, et non pas un vigneron ou une vigneronne.
Subtilités de chicaneurs ! Aujourd’hui, les professionnels de la vigne se revendiquent tous vignerons. On préfère ce mot, plus rond, plus sensuel, plus convivial, au rural viticulteur. Déjà Paul-Louis Courier signait ses pamphlets contre la Restauration “vignerons de la Chavonnière”. Ce n’était pas lui qui taillait et labourait. De sa vigne il n’était que le propriétaire-récoltant. Vignerons quand même ! Parce que ce mot ajoutait de l’authenticité et du prestige à sa qualité d’écrivain.
De nos jours, sont vignerons aussi bien les propriétaires que les ouvriers de la vigne. Quelle différence y a t’il entre le baronne Philippe de Rothschild, propriétaire de Mouton, et la Toinette Guerpillon, ma voisine du Beaujolais ? Aucune. Toutes deux sont d’excellentes vigneronnes.”
Source
Terre de vins, Janvier/février 2010
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Quelques beaux souvenirs de dégustation, en 2009
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