Bécasses flambées

Trouvé dans la revue "Le Cordon Bleu", daté de décembre 1932, du nom de la célèbre école de cuisine parisienne.

 

"Par sa finesse et sa haute valeur gastronomique la bécasse appartient à la haute cuisine, et les gourmets affectionnent particulièrement la bécasse flambée qui constitue un mets royal et vrai délice pour les gourmets.

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Bien que classée dans la cuisine des grands restaurants, ce plat est des plus simples à exécuter chez soi. En voici d’ailleurs la formule :

1 - Apprêt des bécasses

2 - Pour rôtir les bécasses

3 - Découpage et apprêt des bécasses

4 - Pour servir

 

1 - Apprêt des bécasses

Pour 8 personnes on prendra 3 bécasses, un peu mortifiées, mais pas trop, bien grasses et tendres. Les plumer, les flamber, puis retirer simplement le gésier au moyen de l’aiguille à brider ou de la pointe d’un petit couteau ; la bécasse, en effet, ne doit pas se vider ; replier les pattes en les faisant passer sous les cuisses par le côté intérieur de celles-ci ; et, les emboîter l’une dans l’autre ; puis fendre la peau du cou, du côté du dos et retirer la poche à graines et la trachée ; ne pas couper le cou, mais le rabattre contre le corps et traverser celui-ci à la jointure des cuisses avec le long bec de l’animal ; c’est la façon de brider cet oiseau ; l’emploi de la ficelle est ici inutile. Si toutefois les bécasses étaient maigres, il faudrait les entourer d’une barde de lard ; mais autant que possible le choix doit se porter sur des bécasses bien grasses car leur chair est bien supérieure comme tendreté et finesse.

 

2 - Pour rôtir les bécasses

La meilleure méthode de cuisson est la broche, lorsque la chose est possible ; dans ce cas, on fait griller trois canapés de pain de mie assez épais, et on les dispose sous les oiseaux pendant leur cuisson afin que le jus qui s’en écoule tombe sur eux. On sale légèrement les bécasses à deux reprises et on les arrose de leur graisse pendant la durée le leur cuisson qui demande environ 15 à 18 minutes, à feu très clair et très vif, feu de bois de préférence.

 

3 - Découpage et apprêt des bécasses

Les bécasses étant cuites assez saignantes, on les découpes en cinq morceaux, soit : les deux cuisses, les deux ailes et la poitrine. On découpe en trois chaque canapé, que l’on range au fond d’un plat creux chaud, et sur lesquels on dispose les morceaux de bécasses. Mettre à l’étuve le plat pour qu’il se tienne chaud ; écraser les intestins avec sel et poivre du moulin, un verre à liqueur de porto ; d’autre part, presser les carcasses des bécasses pour en extraire le sang et le jus que l’on délaie avec la purée des intestins, chauffer le tout sans le laisser bouillir et l’éclaircir légèrement soit avec un demi-décilitre de sauce demi-glace claire, soit avec du bouillon.

 

4 - Pour servir

Verser cette sorte de sauce sur les morceaux de bécasse dressés dans le plat, arroser le tout d’une ou deux cuillères de fine champagne et y mettre le feu puis servir aussitôt éteint. Il y a des petites variantes apportées à la façon de servir les bécasses flambées mais le procédé ci-dessus est à recommander."

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Maurice Brun fut le restaurateur le plus étonnant du Vieux-Port (de Marseille)

Cet article a été retouvé sur une coupure de journal, vraisemblablement marseillais, certainement en 1955.

brun,marseille,cuisine,cuisinier,provence,provencal,vieux-port"Dans cette Pentecôte, grise et mouillée, le restaurateur Maurice Brun a été conduit, hier matin, à sa dernière demeure. Au 18, quai de Rive-Neuve, la famille douloureuse, quelques amis, des gens de l’hôtellerie  (dont M. Aimé Gardanne), des félibres bien sûr et Cuchet, le peintre des vieux quartiers, M. le curé de Saint-Victor, ont rendu leur dernière visite à Mestre Brun.

Le restaurateur le plus pittoresque du Vieux-Port avait trouvé la mort dans un accident de voiture, en Espagne, revenant des corridas de Séville. Chose curieuse, le mort l’a emporté  huit ans, après qu’il eut rouvert son établissement. En effet, “Les Mets de Provence” avaient repris leur service, face au ferry-boat et à la mairie, le vendredi 16 mai 1947. Il avait fait imprimer un menu type (durée deux heures, commentait-il) à cette occasion. Ce menu ne changea jamais durant huit ans. C’était le menu de la “maintenance” du manger de Provence.

Pour les hors-d’œuvre il servait exclusivement l’huile d’olive gelée des Baux, la tapenado, les Melets au poivre de Martigues, les olives des Baux, le saucisson d’Arles, les tartines de poutargue de Martigues, les pôuprihouns aux pommes d’amour, la timbale de bœuf en daube et le quichét aux anchois. Pour poisson, suivant la pêche, les daurades ou loups ou soles ou rougets uniquement grillés, sans sel et sans condiment, mais avec leurs entrailles. Pour légumes, les artichauts barigoulo. Pour rôt, selon la saison, les perdreaux, pintadeaux ou poulets de grain à la broche. De la salade, et du fromage qui était de Banon ou toumo de Manosque. Et pour dessert enfin, le sorbet de fruits frais glacé, les calissons de Gréoux, le nougat noir et blanc d’Allauch, les amandes et les fruits. Enfin en vins, il servait exclusivement la Clairette de Die, le Cassis, le Châteauneuf-du-Pape et le vin cuit de Palette.

Car Maurice Brun était exclusif dans ses préférences. Chez lui on mangeait et on buvait uniquement ce qu’il avait décidé de vous servir ce jour-là. Chez lui le “Benedicite” était en vers provençaux de J.C. Felibre doù Fougau. Et au dessert il se mettait à l’harmonium et lançait la “Coupo Santo”, avec son habituelle lavallière à pois.

D’ailleurs, son menu-type imprimé, était en fait la partition, paroles et musiques de la “Coupo santo”, avec au dos les mets imprimés. Incontestablement la table de M. Brun était de toutes celles du Vieux-Port  celle qui étonnait le plus l’étranger ou le Parisien. Mais à côté de cet étonnement qu’il entretenait, il y avait chez lui une joie délicate de la table, qui faisait de chaque repas une douceur de vivre. Sans phrases et sans discours, Maurice Brun est parti vers la tombe. Il méritait qu’on rappelle simplement que chez lui on “goûtait la Provence”."

 

Groumandugi

Maurice Brun est l'auteur de ce livre merveilleux. Edition originale. Tirage limité à 1026 exemplaires tous numérotés. Sur papier d'Auvergne à la main, pur chiffon séché à l'air sur cordes des Moulins du Val de Laga. L'auteur, Maurice BRUN restaurateur Marseillais réputé, nous sert là ses recettes et réflexions de gastronomie Provençale avec une couleur toute méridionale. Son ami Louis Jou, graveur typographe des Baux-de-Provence, a exécuté une mise en pages superbe et gravé sur bois de magnifiques bandeaux, lettrines et culs-de-lampes. La préface a été rédigée par Charles MAURRAS pendant sa détention à la prison de Clairvaux à Lyon en Mars 1944.


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L'huile d'olive nouvelle est arrivée, comme chaque année

"Quand j’étais tout petit, je jouais, puis j’avais faim. Ma mère taillait alors une plate tartine de pain. Elle la saupoudrait de sel, elle l’arrosait d’huile d’olive par un large 8 de la burette penchée : elle me disait : « Mange. » Ce sel, il me suffisait de humer le vent odysséen ; il était là, avec l’odeur de la mer ; ce pain, cette huile, les voilà autour de ces champs de blé vert dessous les oliviers. Ainsi s’est déguisée de longue habitude l’ardente faim de mon cœur." Jean Giono, Manosque-des-Plateaux


Chaque année, au début du mois de décembre, des jarres de la première huile, en provenance de chaque moulin de la Vallée des Baux, convergent vers Mouriès pour le traditionnel baptême… À partir de ce jour, tous ses habitants et bien des gourmets cherchent les premières gouttes de ce divin nectar.

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Mal mangé ?

"Si le potage avait été aussi chaud que le vin, le vin aussi vieux que la poularde et la poularde aussi grasse que la maîtresse de maison, cela aurait été presque convenable."

CURNONSKY (Maurice Edmond SAILLAND dit, 1872-1956)


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Grimod de la Reynière, Balthazar (1758-1837)

Extrait de la "Joyeuse encyclopédie anecdotique de la Gastronomie", Michel Ferracci-Porri & Maryline Paoli, Editions Normant

grimod de la reyniere,gourmet,croix camarguaise,logo"Extravagant pionnier, de la critique littéraire gastronomique. Fils d'un grand bourgeois et d'une aristocrate, rejeté par ses parents à cause d'une terrible infirmité, son éducation est abandonnée aux gens de maisons dans l'hôtel particulier familial situé à l'angle de la rue des Champs Élysées et de la Place Louis XIV (de nos jours place de la Concorde). Devenu adolescent, la famille se débarrasse du rejeton en le plaçant en pension. Dénué d'affection, objet de moqueries et de honte parentale, le jeune Balthazar nourrit un ressentiment grandissant pour ses géniteurs ainsi que pour le milieu privilégié des grands bourgeois.

D'une grande intelligence il n'aura aucun mal à obtenir son diplôme d'avocat et à s'inscrire au barreau.

On lui doit l'"Almanach des Gourmands" qui remporta un immense succès et qui lui valut ad vitam æternam l'inimitié de l'Illustre Carême qui pensait dur comme fer qu'écrire une seule ligne sur l'art de la cuisine était sa chasse gardée. Il faut dire que le fait que Grimaud soit l'ennemi d'enfance de Talleyrand, son diable boiteux de Maître, et que circonstance aggravante il soit le serviteur dévoué de l'archichancelier Cambacéres (celui-ci qui ayant traité Carême à deux reprises «moins bien qu'un sous-palefrenier»), n'était pas de nature à rendre Balthazar sympathique aux yeux du grand cuisinier.

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Je suis une brave poule de guerre…

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Contre la grippe, Léon Daudet avait une recette infaillible

Tout le monde parle en ce moment de la grippe. Surtout Roselyne. Et ça dure. Il faut revenir aux fondamentaux. Sans idolâtrer le célèbre Léon Daudet, il faut reconnaître qu'il avait une vision qui pourrait paraître décalée aujourd'hui…


0006653_aff_001_med.jpg"Manger sans tenir compte de la fièvre. Se coucher. Chaleur douce. Boule aux pieds. Lecture saine. Le matin au déjeuner : aïoli. Au diner : bouillabaisse légère. Vin : Châteauneuf-du-Pape. Un verre d'eau de Vichy à part. Second jour, au déjeuner : Bourride. Au diner : soupe à l'ail. Troisième jour, matin et soir, pot-au-feu, légumes à volonté. Abattis, Vin : Beaujolais ou Bourgueil ou Bordeaux sans eau. Le quatrième jour si vous n'êtes pas guéri, mangez à déjeuner hardiment une côtelette arrosé d'un petit Bordeaux rouge, et si vous êtes guéri mangez-en deux. Le soir, buvez votre bouteille de Champagne entière à la santé de Brillat-Savarin. Ne vous levez que le cinquième jour. Le lit, comme la table, est souverain contre la grippe..." (février 1926)

www.aioli.fr

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Fumiko Kono, cuisinière d'origine japonaise

Fumiko Kono.jpgAoût 2009. Vu hier soir à la télé, sur Gourmet TV un reportage consacré à la cuisinière Fumiko Kono. Promenade avec elle sur la planète, mais surtout à Tokyo, Kyoto et Paris. Simple, sobre, subtile, raffinée, énergique, profonde… évidemment sa cuisine lui ressemble. Ce doit être fantastique de pouvoir l'inviter chez soi pour réaliser un repas exceptionnel. Voici sa brochure

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Mars 2009, nous tournons pour la dinde française

jamy_david_gourmaud_hairion_2009_1.JPGLe Cidef (Comité Interprofessionnel de la Dinde Française) a confié aux Apprentis (la société que nous avons créée avec Jamy, Manuella Gourmaud et Karine) la réalisation de petits films sur les aliments, illustré par ce volatile étonnant qu'est la dinde. Deux jours de tournage à Paris début mars 2009 et bientôt sortie des films... avec une dinde en 3D créée avec Mathieu Rey ! A suivre...

 

 

dinde_R01.jpg

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L'Anchoïade provençale

anchois.jpgOn découvre la recette suivante dans "La Cuisinière Provençale" de J.B. Reboul (Tacussel éditeur ) :

"Après avoir lavé 7 ou 8 anchois, faites-les tremper quelques minutes dans l’eau pour les dessaler ; séparer les filets en les débarrassant de leurs arêtes, déposez-les dans une assiette avec quelques cuillerées d’huile d’olive, une pincée de poivre, 2 ou 3 gousses d’ail coupées en petits dés. On peut aussi ajouter un filet de vinaigre.

Coupez le dessous d’un pain de ménage de l’épaisseur de 1 cm environ. (nous indiquons ce pain de préférence parce qu’il s’émiette moins facilement).

Divisez cette grande tartine en deux ou trois, faites-en même d’autres pareilles, si besoin est ; il en faut une pour chaque convive. Etendez dessus quelques petits filets d’anchois et posez chaque morceau sur une assiette.

Coupez d’autres morceaux de pain de forme carrée. Chaque personne, les trempant alternativement dans l’huile préparée et les reportant sur la tartine, écrase de ce fait les anchois sur le pain. Lorsque le tout est épuisé, anchois et sauce, on mange le pain qui a servi à écraser les anchois et on fait griller la tartine devant le feu ; il se dégage alors un parfum tout caractéristique, qui met en jubilation tout amateur de cuisine provençale et ferait les délices de maints gastronomes."

anchoiade.jpgVoilà une grande idée. Mais vous pouvez également réaliser une sauce qui accompagne à merveille des oeufs durs et des légumes crus (par ordre de préférence pour moi les endives, le céleri, le chou fleur, les artichauts, les carottes, les tomates, le fenouil). Cette sauce se sert froide ou tiède. Voici comment je la prépare…

Je cuis lentement mes gousses d'ail en chemise, dans un four. Il faut que les gousses soient cuites, molles, mais pas trop bien sûr. Elles doivent être bien blanches !

Dans une casserole, je verse mon huile d'olive (vierge extra bien sûr, et la meilleure possible… une huile de la Vallée des Baux de Provence, c'est parfait) et je dépose mes filets d'anchois, mes gousses d'ail (la peau a été ôtée), du poivre et un filet de vinaigre. Et je chauffe tout doucement afin que mes filets d'anchois fondent tranquillement. Il suffit finalement de chauffer quelques minutes à feu doux.

On finit la sauce à la fourchette pour écraser les morceaux d'ail et les filets d'anchois pas assez fondus. Et c'est prêt ! Certains passent la sauce, personnellement je préfère le côté rustique d'une sauce grossière (à condition que les filets d'anchois aient été bien préparés).

Pour les ingrédients, voici des quantités approximatives…

• 1 litre d'huile d'olive vierge extra

• 3 têtes d'ail

• 400 g d'anchois

• Poivre et vinaigre

 

A noter que cette sauce se conserve longtemps au frais. On peut facilement la rallonger en ajouter de l'ail est des anchois…

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